Antigang, ménage à 3 entre polar, action et humour


Loin des productions d’Olivier Marchal retranscrivant le polar à la française de manière plutôt sombre, et encore plus loin de la horde des films d’action sans âme coproduits par EuropaCorp, on retrouve entre autres Benjamin Rocher, cinéaste plongé depuis longtemps dans la culture geek, qui après avoir joué avec les codes du film de zombie avec plus ou moins d’efficacité décide de nous faire un film policier survolté.

Jean Reno Hardline

Jean Reno et Alban Lenoir forment le duo de choc du film

Serge Buren est un flic qui ne recule devant rien pour faire respecter la justice. Entouré d’une bande de jeunes tout aussi téméraires et déterminés que lui, ils réalisent des interventions musclées qui ne sont pas toujours du goût de leurs supérieurs. Lorsqu’un braqueur notoire refait surface de manière violente lors d’un braquage de bijouterie, Buren et son équipe devront donner leur maximum pour arrêter le coupable sans trop contrarier le commissaire.

Avec ce film, Rocher veut créer une ouvre inspirée de ce qui fait la force d’un bon film policier, avec un sens du spectacle à l’américaine et un casting bien de chez nous, cocorico comme qu’y dirait. Si la cinématographie en elle-même ne transporte pas des ambitions fulgurantes, elle fait attention à ne pas tomber dans le cliché et les scènes sont filmées de manière assez simple, pas de grands effets de style mais une méthode qui permet de plus se concentrer sur les acteurs et leur jeu, qui font la force du film.

Jean Reno incarne bien sûr ici un archétype du flic ayant un problème avec la hiérarchie, mais reste assez juste et ne va jamais exagérer un côté de sa personnalité. Tel un membre des Expendables, il montre un côté “c’était mieux avant” tout en ayant beaucoup de respect pour ses semblables de la jeune génération. Ces derniers le lui rendent bien avec leur part d’insouciance et une manière différente appréhender les situations, avec plus de courage, un peu plus d’humour mais avec autant d’énergie que le bon vieux Jean. Cette alchimie fonctionne très bien, surtout que même si Alban Lenoir et Reno ont chacun leurs moments solo face à la caméra, on ne perd jamais de vue l’équipe qu’ils forment et c’est ce qui fait une des forces du film et qui permet de soutenir le rythme tout au long de l’enquête. Chaque membre apporte sa contribution à ce qui fait la beauté du film.

The movie of da police

Mais c’est l’équipe complète qui donne à l’œuvre toute sa force

Cette beauté, c’est l’équilibre entre le sérieux et la folie. Chaque rôle selon la psychologie du personnage va en contrebalancer un autre pour alterner entre plusieurs ambiances, et étant donné que chacun a droit à son moment rien qu’à lui, même si il est furtif, ils restent tous gravés dans nos images du film pour une action intéressante, qui va soit faire avancer l’intrigue principale, soit alléger le temps d’un combat le ton du film pour en faire une œuvre décomplexée mélangeant l’humour, l’action à l’état pur et l’intrigue policière avec sa violence.

Reste pour rajouter un peu de plaisir les quelques références classiques des films de genre, comme les braqueurs portant des masques comme dans Heat ou bien Point Break. Si l’on devait chercher des défauts au film par contre, on pourrait regretter que pour maintenir son rythme, l’œuvre ne propose qu’une intrigue assez sommaire, et c’est là que la mise en scène de Rocher pèche le plus. Le cheminement et les scènes laissent parfois trop facilement montrer ce qui se déroulera ensuite. À défaut de proposer un suspense insoutenable, Benjamin Rocher signe avec Antigang un film policier/action doté d’une d’énergie puisée des productions US, sans oublier d’être un bon film français.

Un bon film français boosté à la testostérone et aux références des films US, en mélangeant action, humour et intrigue de polar. Antigang tient la formule pour un bon divertissement, loin d'être stupide et qui sait équilibrer son sérieux et sa légèreté, malgré une intrigue plutôt mince et parfois prévisible.
7.8

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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