Better Call Saul, La loi c’est lui


*Légers Spoilers de Breaking Bad en approche, pour les retardataires: filez voir cette série*

Plus besoin de présenter Breaking Bad, une série avec une diffusion discrète en France mais qui est devenue très populaire au niveau mondiale. L’histoire de ce prof de chimie devenu fabriquant de crystal meth nous a tenu en haleine pendant 5 saisons et a gagné une renommée internationale, avec plusieurs récompenses de meilleure série et de meilleurs rôles principaux et secondaires. Dans cet univers de trafic de drogue et autres magouilles, il existe un personnage essentiel: Saul Goodman. Avocat peu exigeant dans le choix de ses clients, prêt à défendre les causes illégales si il peut obtenir sa part du gâteau. Un protagoniste attachant malgré ses motivations, ce qui lui a valu d’avoir un spin off à son nom qui a démarré dimanche dernier et Netflix joue encore le sauveur en France en nous proposant un épisode par semaine 24h après la sortie US.

Saul : vous défendra pour de l’argent

Ce n’est pas assez payé de défendre les causes perdues.

Jimmy McGill est un avocat minable, commis d’office sur des affaires perdues d’avance au tribunal d’Albuquerque, tout ceci pour une paye minable et une réputation plus que médiocre et qui l’handicape. Malgré ses tentatives pour gagner la confiance de clients aux meilleurs revenus, il ne peut se permettre que de vivre dans l’arrière-boutique d’un salon de manucure, qui lui sert également de bureau. Il vit aussi une relation particulière avec son frère Chuck, souffrant d’une intolérance aux ondes électromagnétiques et vivant donc cloîtré chez lui, alors qu’il est lui-même fondateur d’un grand cabinet d’avocats. Avocats qui n’apprécient pas que Jimmy porte le même nom que son frérot, dont la renommée porte préjudice à la société. Quand rien dans la vie ne vous aide pour réussir, il faut parfois franchir la ligne et aller flirter avec l’illégalité, comme va le faire notre héros.

On ressent dès les premières minutes que l’équipe de réalisation de Breaking Bad est de retour. On retrouve énormément d’éléments qui sont tout droit hérités de la précédente création de Vince Gilligan, autant dans la structure des épisodes que dans la forme. On retrouve en introduction de saison un flash forward, qui ici illustre la vie de Saul Goodman après son changement d’identité énoncé dans Breaking Bad, suivi de quelques scènes cherchant à présenter la vie du personnage principal, de la même manière que Walter White avant lui, en passant par l’ambiance et le but de son travail, les personnes qu’il fréquente, sa vie personnelle et de famille, et autres détails. La mise en scène suit elle aussi les traces de son prédécesseur avec toujours une ambiance généralement lente et pesante, nous mettant aussi mal à l’aise que les protagonistes vivant des situations dangereuses, mais ponctuées parfois de moments plus légers avec des montages montrant la monotonie de la vie quotidienne, déjà vue également auparavant.

Le sentiment de déjà-vu

Mike avait une vie plus tranquille avant tout ça.

Toujours pour rester attaché à ses origines et il le faut bien en tant que spin-off, certains personnages emblématiques de la série, autres que Saul, sont de la partie. Mike Ehrmantraut le premier, futur garde du corps de Gus Fring et médiateur aux méthodes fermes. On retrouvera aussi certains antagonistes dans leur jeunes années, moins imposants mais tout aussi peu recommandables. Le jeu d’acteur est parfaitement maîtrisé, Bob Odenkirk dans le rôle de Saul et les autres personnages récurrents sont dans leur personnages, et ceux étant déjà apparu auparavant ont gardé ce qui faisait leur charisme si spécial. De nouveau plongé dans Albuquerque, les décors eux n’ont pas trop changé, la banlieue américaine est toujours aussi colorée et générique, mais ça fait partie du véritable décor des États-Unis.

La série est au final du même niveau que Breaking Bad, d’un point de vue qualité d’écriture et de ressemblance, ce qui constitue ma seule véritable inquiétude sur la suite de Better Call Saul : est-ce que l’œuvre ne va pas trop s’attacher à son héritage, au détriment de sa propre identité. Il faut savoir que, selon les propos du créateur, ce spin-off se veut être quelque chose de plus léger et humoristique tout en restant dans la même veine que la précédente série de Gilligan, quelque chose assez orienté humour noir donc. Mais pour l’instant la série reste très portée sur le développement des personnages, tournant autour d’une intrigue plutôt dramatique, qui fascine plus par le suspens que par le côté décalé de l’avocat. Étant donné que la démarche artistique reste la même qu’avant, il faut espérer que les épisodes suivants contrediront cette inquiétude pour éviter de gâcher les nouvelles pistes possibles par l’utilisation de ce personnage atypique. Mais au pire on pourra se consoler en se disant qu’on a droit à encore un peu de Breaking Bad et c’est pas pour nous déplaire, loin de là.

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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