Deadpool de Tim Miller


Ça y est, on touche le fond. Si Marvel Studios atteignait le pathétique avec ses dernières productions cinés, vides d’enjeux et de puissance, Fox eux enchaînent les conneries ahurissantes qui feraient presque naître de la peur pour X-Men Apocalypse. Car oui, après avoir pondu avec l’aide de Josh Trank un Fantastic 4, dont la réputation n’est plus à faire, le studio persiste et signe avec un Deadpool qui sent bon l’humour juvénile, l’humour internet à 2 balles et le caca.

Chaos d’images

Wade Wilson est un ancien combattant reconverti en défenseur de la veuve et de l’orphelin qui ne veut cependant pas être appelé un héros, parce que c’est trop gentil pour cette brute au cœur tendre. Après avoir découvert qu’il est atteint de cancer sur plusieurs organes vitaux, il fait une sorte de pacte avec une entreprise un peu bizarre créant des mutants pour les servir. Il en ressort immortel avec un pouvoir de régénération, mais également un corps totalement mutilé qui l’empêche de revenir à une vie normale. Il va maintenant traquer les responsables pour retrouver un corps normal.

Si l’on doit reconnaitre un talent à Tim Miller, c’est d’avoir faire une séquence d’ouverture qui est pas mal, ayant réalisé celle du remake de Millénium entre autres, c’est un plan séquence sur une scène immobile où l’on peut contempler le meilleur du film, l’esthétique plutôt sympa de l’action et remarquer que le générique décrit le réalisateur comme un connard surpayé. Profitez bien de ces moments car tout ce qui suit sera ennuyeux ou illisible.

C’est un truc que je ne supporte plus avec pas mal de films d’actions et Deadpool plante la pierre tombale pour achever le spectacle. Après avoir vu John Wick, je ne comprends pas qu’on puisse encore faire des séquences de combat de manière aussi chaotique juste pour donner inutilement du jus à la scène. Michael Bay avec ses multiples cuts arrive à être plus cohérent que ça, et quand on parle d’un film sur The Merc With A Mouth, on attend du détail à ce niveau.

Heureusement que les ralentis se multiplient sans une grande cohérence, cela permet en plus d’apprécier les rares scènes de combat du film qui doivent composer au total environ 30 minutes sur un film d’1h50, qui sont de plus rythmées de manières assez bâtarde, coupées en plein milieu pour faire place à une splendide exposition du personnage. Décrit lui-même comme un connard, le bougre se démerde bien pour être hyper respectueux envers une prostituée, et faire un peu de pédagogie sur le respect de la femme, en respectant ce trope du point de vue qui doit être transmis par le film et qui prend la forme d’une discussion pas du tout naturelle entre deux personnages. Et quand ce n’est pas de l’exposition, vous retrouvez vos marques avec le fameux scénario copine enlevée, héros sauve copine avec copains, héros a gagné.

Et gerbes de mauvais goût

On la sent l’action là

L’humour est donc censé être l’unique raison de tout ce cirque, mais que cela arrive avant la transformation Deadpool rend le personnage de départ plus agaçant qu’autre chose à ne rien prendre au sérieux, de plus la delivery des blagues et absolument aléatoire, pas besoin de faire du build up, ici les mentions de pipi et de caca sont maîtres, les allusions sexuelles peu fines sont légion et ajoutez à cela des références pop culture de produits de meilleure qualité, servi par la prestation de Reynolds qui en blaguant sur ses anciens films ne fait que rappeler que “Ouais mec, tu fais un peu des films pourris”. C’est affligeant quand on commence à éprouver plus d’empathie pour les méchants qui sont pourtant très vides.

Bref beaucoup de bruit pour rien, le fameux Rated R qui n’était au final nullement nécessaire et dont les éléments le composant (sexe, violence et gros mots) semblent ajoutés au forceps tellement tout est déballé sans aucune autre raison qu’une malheureuse tentative pour être subversif, mais ce n’est pas un exercice qui se prend à la légère et ça, Miller et Reynolds ne l’ont pas compris. Ce n’est pas en faisant Deadpool “pansexuel” qu’on fait un bon film au final (car apparemment c’était très important pour eux). Le pire dans tout ça c’est que avec l’image du personnage, bien qu’il peut être beaucoup plus que ça, je sais d’avance que ce film aura du succès et qu’ils voudront à nouveau du Deadpool qui parle de masturbation et de pets, et j’ai peur pour l’éventuelle suite.

Deadpool c'est filmé comme une mauvaise pub, c'est écrit par un gamin, et c'est joué par un gars qui fait dans la caricature. Une énorme perte de temps et qui malheureusement déchaîne des foules qui pensent que c'est du génie de faire des blagues vaseuses en utilisant un personnage de comics qui est largement plus que la machine à lolz qu'elle est aujourd'hui.
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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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