Gone Girl, un thriller puissant


Après avoir enchaîné la réalisation de The Social Network, Millénium ainsi qu’un passage par la télé avec la création et la production de la série House Of Cards, Fincher sort son nouveau long-métrage. Gone Girl, adaptation du roman du même nom de Gillian Flynn, nous plonge dans une intrigue surprenante qui en a collé plus d’un dans son siège, et je fais partie de ces personnes.

Le faux couple parfait

Le film envoie quelques piques aux médias et à leur façon d’analyser les images.

Nick Dunne a une vie de mari tout ce qu’il y a de plus médiocre, entre les disputes avec sa femme, Amy, et le chômage qui l’oblige à tenir un bar surendetté avec sa sœur. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy disparaît de la maison et Nick retrouve des traces de lutte dans leur domicile. Lors d’interviews et conférences de presse, il ne parait que peu affecté par cette disparition, n’a pas le comportement classique d’homme abattu alors que cet événement attriste le pays, et il est donc catalogué comme suspect principal par les médias. Mais que cachent les apparences montrées par la télévision?

Fincher est dans son élément une fois encore, réalisant souvent des films à l’histoire sombre et plutôt violente, et Gone Girl ne déroge pas à la règle, avec son scénario de disparition tragique sur fond de misère sociale. Une mise en scène toujours très propre et calculée, usant et abusant parfois de changements de plans par souci d’esthétisme et pour appuyer sur les expressions des personnages, chaque acteur jouant parfaitement son rôle au caractère atypique à travers une lente descente aux enfers.

Qui a tort et qui a raison ?

Enlèvement, meurtre… l’affaire Amy Dunne est toujours floue.

Si la façon de filmer se veut prenante, c’est pour être plus proche de son propos qui concerne les médias et la manipulation de l’image, on s’intéresse à chaque sourire, chaque mouvement qui pourrait être interprété pour donner une autre version que la réalité, celle qui fait de l’audience et qui condamne l’apparence au-delà de la vérité. On est au final face à une satire critiquant cette société de l’info choc et de la télé, mais où l’humour n’est jamais très présent, laissant place à un enchaînement de rebondissements qui font que l’on ne sait jamais qui dit vraiment la vérité.

Ces retournements de situations sont d’ailleurs très maîtrisés, peu de clichés et on est toujours sur le bord du siège à chaque moment de tension car on ne sait jamais jusqu’où le film nous emmènera, et on a parfois juste envie que ça s’arrête pour retrouver un peu de calme et se dire que tout va bien. Un petit mot au passage pour souligner la grande qualité de l’OST, composée par le duo Reznor/Ross, habitué des récents films de Fincher et qui ne fait qu’amplifier chaque scène grâce aux sonorités qui se calquent parfaitement à chaque ambiance.

Gone Girl est l'un des films les plus sombres de cette année et l'un des plus magnifiques malgré tout, avec une mise en scène propre, des acteurs impliqués, une intrigue surprenante et une bande-son qui amplifie toutes ces qualités. Le film réussit à faire passer son message tout en offrant un divertissement plein de suspense.
8

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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