Hardcore Henry (2016)


Le manque de violence dans Deadpool vous a laissé sur votre faim ? Vous n’avez plus envie de prétendre emmener votre bien-aimé(e) voir des films romantiques et les Marvel ça vous fatigue? Vous détestez les plans fixes, les cadrages parfaits, que ça manquait de Shaky Cam dans John Wick? Bon… Accrochez-vous, et allez voir Hardcore Henry, et voici pourquoi

He’s a bad motherfucker

Henry est un bonhomme qui en a bavé et qui se retrouve, après avoir frôlé la mort, ressuscité par sa femme qui l’a en partie transformé en cyborg. Cette dernière se fait enlever par Akan, un tyran aux pouvoirs télékinétiques quelques minutes après la reconstruction de Henry et avant d’avoir pu lui rendre sa voix. Notre héro va devoir aller la secourir à travers Moscou avec l’aide de Jimmy, son unique allié.

C’était un pari risqué et je me surprends encore, un mois après la sortie du film, à constater à quel point j’adore ce film. Si l’on est pas sujet au motion sickness, qui est la principale raison du rejet de l’œuvre par une partie du public, apprêtez-vous à une montagne d’action qui ne vous lâchera pas d’une semelle, car ce film, durant ses 1h34 ne perd quasiment pas de temps. Et pour une fois j’ai envie de gueuler contre les critiques pro qui n’ont pas pu s’ouvrir à cette mise en scène atypique pour le traiter comme un actioner lambda.

Plan séquence? Que nenni

Jimmy sera votre guide, peu importe son apparence

Hardcore Henry ne fait jamais dans la finesse, il est sanglant, pêchu, direct, et pour ça s’affranchit de certaines règles de cohérence et va vraiment demander au spectateur de croire à l’univers du film. Des éléments de SF surréalistes, un méchant avec des pouvoirs, Jimmy agissant comme guide et qui peut revivre à l’infini avec une certaine technologie, tout est permis vu que Hardcore Henry se comporte comme un jeu vidéo et doit donc être aussi permissif que ces derniers dans son univers.

Tous ces éléments permettent de faire avancer une course poursuite assez simple pour retrouver la femme de Henry, ce qui déplait aux critiques mais qui, je pense, est une nécessité par rapport à ce que l’on peut montrer à l’écran du point de vue d’un seul personnage, et ainsi renforcer le fait que notre protagoniste doive beaucoup bouger pour arriver à ses fins. On change beaucoup d’endroits mais pour autant, et c’était une appréhension que j’avais, le film ne se déroule pas en plan séquence et n’hésite pas à couper toute action qui serait superflue pour le spectateur. Henry se déplace vite, va à son objectif et castagne sans relâche, et si même franchir une porte s’avère trop long, on hésitera pas à faire glitcher l’image pour nous faire passer directement après.

Les combats sont quant à eux bien chorégraphiés et sont aussi divertissant que le ton du film est décalé. Il faut s’y résoudre, Hardcore Henry n’est au final rien d’autre que de l’action jouissive et décomplexée. Mais c’est fait avec beaucoup d’attention envers le spectateur et une sincérité dans son côté fou et décalé qu’on ne peut qu’apprécier sa simplicité efficace, au grand dam de certains qui attendaient de l’émotion et de ressentir de l’empathie pour le personnage, alors que son manque de personnalité et son absence de paroles sont voulus pour ne pas gonfler inutilement le récit, qui est le moins intéressant lorsqu’il s’arrête pour être plus verbeux et explicatif, pour permettre une meilleure plongée dans l’action.

L’unique prochain objectif pour moi, c’est le revoir en 60FPS, pour profiter de la plus grande fluidité pour améliorer encore le visionnage.

Loin d'être un simple gimmick, Hardcore Henry a compris comment utiliser son concept pour en faire un film d'action simple, mais hyper efficace et qui ne devait surtout pas se complexifier plus que ça. C'est un film très dynamique et plaisant et qui se place, dans un autre registre, pas loin de Mad Max Fury Road dans cette vague d'actioners qui savent ce qu'ils sont et qui le font très bien.
8

Share this post

Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

No comments

Add yours