Hatred, Un gros gâchis


Le jeu n’est pas important, ce qui est important c’est ce que je vais dire sur lui. Ce jeu est un simple défouloir froid et rempli de haine, et qui a toujours voulu exhiber sa violence. C’est le moment d’écrire, rien ne sera épargné. Et je vais trouver autant de défauts que possible. C’est maintenant que je parle de Hatred, et c’est maintenant que je vis ma déception.

Je m’appelle Notin Portant

Même pendant une tuerie il faut exécuter ses victimes de façon classe

Hatred est le jeu qui a déchaîné des passions depuis son premier trailer, l’histoire de cet homme un peu paumé qui a la haine contre le monde entier et qui au lieu d’aller faire des châteaux de cartes, de la méditation ou des sacs en macramé, décide de prendre un petit fusil pour aller se détendre tranquillement en tuant ses semblables. Très controversé, haïs par bon nombre de journalistes et personnalités du jeu vidéo jusqu’au jour de sa sortie, qu’en est-il réellement?

Le jeu prend la forme d’un shooter en vue du dessus isométrique à la manière de Postal 1, dont il est très inspiré d’ailleurs, nous offrant des objectifs variés comme tuer un certain nombre de civils, nettoyer une zone policière ou un lieu public ainsi que faire exploser diverses choses, avec pour outils le décor destructible, différentes armes allant du simple pistolet au lance-flammes, en passant par le couteau et vos mains, pour des éliminations qui vous permettront de regagner de la santé, règle basique des premiers soins.

Comme vous l’aurez peut-être saisi avec ma pointe d’ironie juste au dessus, Hatred est un jeu répétitif dans ses objectifs, et s’il est correctement jouable et ne souffre d’aucune grosse lacune, il ne bénéficie non plus d’aucun réel atout qui pourrait le sortir du lot, même pas dans sa DA où les nuances de gris restituant la vision morose du monde par le protagoniste rendent le tout peu savoureux. Même si certains éléments prenant de la couleur viennent briser cette triste routine et pourraient être bien exploitées dans la narration, expliquant que notre anti-héros ne voit de la vie que dans la destruction, le feu et le sang.

Bienvenue dans un cauchemar

Certains environnements sont très bien détaillés, surtout lorsqu’ils sont mis en couleur

Cette narration, je l’ai d’ailleurs attendue tout au long du jeu. Si j’ai fait confiance à Hatred, c’est parce que j’avais espoir que le jeu, au-delà du simulateur de massacre aux tendances un peu émo, dispose d’une narration assez fournie et qui puisse dresser le portrait d’un tueur sanguinaire et essaie d’offrir une interprétation de ce que peuvent être les motivations de ce genre de personnes, et quel est leur raisonnement.

C’est d’ailleurs un aspect qui n’est pas totalement absent, comme expliqué tout à l’heure, avec la direction artistique donnant de la couleur aux flammes ou encore quelques onces d’hésitation lors d’une action cruciale effectuée, montrant l’incertitude de la démarche de notre personnage. Mais tout ceci est avant tout interprétation, les éléments sont là mais Destructive Creations ne s’est pas donné les moyens de voir plus loin que le jeu provocateur.

Fort dommage donc, car cela aurait pu rabattre le clapet de ses détracteurs, mais Hatred se limitera définitivement au défouloir peu soucieux de son propos et qui, tout en méritant d’être joué une fois en tant que plaisir coupable, ne restera nullement dans l’histoire et ne sera au final même pas un jeu choquant restant gravé dans notre tête.

Hatred, le jeu polémique de cette année 2015 loupe un peu son coche et reste malheureusement ce qu'il annonçait être, un shooter basique aux mécaniques qui fonctionnent mais qui n'apportent rien en plus d'être répétitif. On ne peut même pas se consoler avec une narration très basique et simpliste ne laissant même pas transparaître le dixième de la shock value de son trailer initial.
5

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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