Jupiter Ascending, Wachowski en liberté


Ah les Wachowski, cette paire de réalisateurs aux chefs d’œuvre incontournables et adorés tels que Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions et… Bon ok il est vrai qu’à regarder de loin, le duo ne semble être que des réals qui ont eu un gros coup de chance, avec une saga qui a certes dynamité la SF mais qui s’est ensuite noyée avec une symbolique poussée parfois un peu trop loin, et des films suivants qui n’ont jamais réussi à atteindre le statut culte du premier Matrix. Et je dois avouer que je me suis vite désintéressé de leurs œuvres. Pourtant j’avais envie d’y croire à nouveau avec Jupiter Ascending. Est-ce que ça valait le coup? Oui. Un film culte? Non, quand même pas.

Les hommes viennent de Jupiter

Puisque je vous dis que c’est très beau, croyez-moi enfin!

 Jupiter est une jeune fille, membre d’une famille nombreuse russe aux États-Unis. Vivant dans un appartement avec près des 10 autres membres de sa famille, elle s’occupe avec sa mère du nettoyage des maisons de gens riches, pendant que eux vivent dans la pauvreté. Pendant ce temps, à l’autre bout de la galaxie, deux frères et une sœur se retrouvent sur une planète vidée de ses habitants pour savoir qui est le digne héritier de la terre qui pourra moissonner ses habitants, dont l’énergie récupérée permet de prolonger son temps de vie. Jupiter va se retrouver inclus dans cette querelle, car elle est la réincarnation de l’ancienne propriétaire de la planète Terre, qui était la mère des jeunes dirigeants vus plus tôt se battant pour la propriété de la planète.

Oui je vous entends d’ici, ce film d’un point de vue scénario, il ne se pose pas bien haut. Il y a un débat interne qui fait toujours rage en moi pour savoir si la simplicité du scénario est faite comme une sorte d’hommage au space opéra, un témoignage de l’héritage de ces films spatiaux épiques racontant des histoires de princesses inconscientes de leur statut. Malheureusement le constat reste pour l’instant décevant, même si un certain amour pour les films du genre y est montré, le résultat ne permet de créer qu’un schéma narratif très basique, mais ça va encore plus loin que ça. Sans trop spoiler, le film se découpe en 3 parties où Jupiter va rencontrer chaque gouverneur et ces derniers vont essayer de récupérer la Terre, par la négociation, la ruse ou la force, pour que la jeune fille soit ensuite sauvée par Channing Tatum qui campe une sorte de loup-garou beau gosse.

Les grands films aussi je pense

Et encore une fois Channing Tatum sauve Mila Kunis…

Bref, une histoire qui boucle 3 fois pour faire le film, Channing Tatum qu’on a vu dans des rôles plus originaux même si la performance est à saluer et une Mila Kunis qui n’est ni très bonne ni mauvaise. Pas grand-chose pour vous faire rêver je le sens, et je ne peux pas cacher le fait que le film est au final une déception, et ce malgré les points positifs qui donnent quand même un bon coup de boost à la qualité du film.

Il faut noter tout d’abord tout ce qui est CGI et mise en scène des bastons spatiales et entres personnes. C’est du bonbon pour les yeux et les visuels spatiaux nous font ressentir la même attirance que pour les Gardiens de la Galaxie, qui nous vendait aussi du rêve à ce niveau. Un autre point important qui fait encore la réputation des Wachowski, en bien comme en mal, c’est tout le message et la symbolique que transportent leurs films, et il faut avouer que Jupiter Ascending fait quand même bien son boulot. Avec une discussion sur l’éthique de la moisson des humains comme les traitements faits aux animaux, des réflexions sur le temps qui passe et comment se valorise-t-il en tant que monnaie d’échange. Bref quelques beaux petits messages, mais qui manquent tout de même de profondeur. Mais bon au moins on ne sera pas submergé par le trop plein de concepts et la surenchère inutile.

Jupiter Ascending ne viendra pas redorer le blason du duo Wachowski. Quelques bonnes idées sont présentes, mais on semble être resté à des années lumières de ce que leur créativité pouvait faire naître. En résulte un film beau, avec une certaine symbolique mais qui dans les faits reste un film qui se répète et s'enfonce sans s'en rendre compte.
5.8

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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