L’Ombre du Mordor : Batman dans la Terre du Milieu mais pas que…


Ah l’automne, les feuilles qui tombent, les arbres qui meurent, les oiseaux qui s’en vont, les écoliers qui râlent de la rentrée, bref une période magique. Tout n’est pas perdu, car Octobre marque le début des grosses sorties de jeux vidéo, les productions commencent à débarquer pour nous accompagner jusqu’à Noël. Parmi ces fraîches nouveautés, l’Ombre du Mordor est l’œuvre qui a retenu mon attention. Et ici, ce sont les têtes qui tombent et les Uruks qui meurent.

C’est un peu ça, la vie d’aventurier

Gollum est le seul gros clin d’œil fait pour les moins connaisseurs, et c’est très bien comme ça

Once upon a time (in Mordor)

Le jeu prend place entre les événements contés par le Hobbit et le Seigneur des Anneaux. Nous incarnons Talion, un ranger du Gondor et gardien de la porte noire du Mordor, tué lui et sa famille lors d’un rituel perpétué par la Main Noire, marquant le retour du seigneur des ténèbres. Tout aurait pu être fini pour notre héros, mais celui-ci est victime d’une malédiction le condamnant à vivre, son corps lié au fantôme d’un elfe cherchant également à se venger de ce bourreau. Il est temps pour Talion et son “ange gardien” d’aller troubler les rangs de l’armée Uruk.

La base du gameplay trouve ses racines dans les jeux Assassin’s Creed et Batman Arkham, on se retrouve dans un open-world représenté par deux régions, à chaque fois divisées en zones, offrant différentes missions principales et secondaires, avec un bâtiment permettant de dévoiler la zone à l’instar des points d’observation, un système de combat à base de deux boutons, attaque et contre, et enfin un système d’expérience permettant d’améliorer les compétences de combat de notre protagoniste.

Seul contre tous

Est-ce que pour autant, le jeu se limite à être un décalque de ces autres AAA dans l’univers de Tolkien? Heureusement non. L’univers est représenté comme il faut, suffisamment pour que les initiés reconnaissent quelques références sympathiques sans être trop présentes et rebuter les néophytes. D’ailleurs, au-delà des personnages emblématiques et de l’ambiance générale, le jeu utilise cet univers à son avantage pour augmenter son potentiel et rajouter un peu de vie et de fun dans son environnement.

C’est ici qu’entre en scène le fameux système Némésis : l’armée de Sauron est grande et composée de capitaines et autres chefs de guerre. Pour affaiblir Sauron, rien de mieux que d’aller décimer ces hauts-gradés. Et je trouve que ce système fait à lui seul la réussite du jeu. Les capitaines sont des Uruks plus coriaces, possédant parfois des armes spéciales et des résistances à certaines attaques ou réagissant différemment selon certains événements. Les tuer vous apportera de l’expérience ainsi que du pouvoir, nécessaire pour déverrouiller de nouvelles aptitudes.

Le plus impressionnant dans ce système est l’évolution de la dynamique de la hiérarchie et les réactions des capitaines face à vous. Les capitaines peuvent être tués en dehors de tout contexte, mais vous pouvez également intervenir lors d’événements spéciaux comme un festin ou un duel contre un autre dirigeant Uruk. Que le capitaine meure de votre main, ou bien succombe à un duel, il sera remplacé et le nouveau venu gagnera en puissance. Vous pourrez également vous faire allègrement insulter par vos ennemis à chaque rencontre, les voir parfois revenir d’entre les morts avec un visage balafré, ou bien se moquer de vous lorsqu’ils vous auront tué et gagné en puissance.

Combat épique pour scénario futile

Oui, les chefs de guerre Uruk ont la classe, autant avec leurs noms qu’avec leurs armures d’os

Pour une fois vous allez souffrir

En parlant de ça, être tué arrive beaucoup plus souvent que je ne l’aurais pensé, et éviter la mort et d’autant plus nécessaire à cause de ce système de Némésis qui donne de l’importance à la survie pour éviter de rendre votre ennemi trop puissant. Et ne pas mourir, ce n’est pas de tout repos. Les ennemis ont à peu près le même pattern que ceux des jeux Arkham, avec plusieurs types d’ennemis, du guerrier commun au berzerk pouvant interrompre vos combos, en passant par l’archer qui attaque à distance, vous aurez parfois la surprise de prendre pas mal de dégâts en quelques secondes.

Car si le fonctionnement est le même, la mécanique est mieux huilée et plus agressive, inversement par rapport à la tendance actuelle consistant à avoir des ennemis faisant la queue pour être exécutés les uns après les autres, vous aurez parfois affaire à une grande quantité d’ennemis. Bien sûr, il n’attaqueront pas tous en même temps non plus, mais vos réflexes seront mis à l’épreuve et avoir des yeux partout sera nécessaire, car les ennemis ne vous lâcheront pas aussi facilement. Même chose pour les capitaines qui attaqueront parfois en groupe. Je me souviens encore d’un groupe d’archers mitrailleurs qui m’ont donné du fil à retordre.

Nous sommes ici, mais pourquoi?

Au final, c’est tout de même dommage que le scénario n’arrive pas à se maintenir au niveau du reste de l’aventure. Je n’ai pas une grande connaissance de l’univers du seigneur des anneaux, mais les problèmes scénaristiques ne concernent même pas le background ou l’environnement, qui est agréable à apprécier en lui-même, mais la narration ne donne au final pas beaucoup de motivation pour poursuivre sa quête, à cause d’un manque de clarté et d’objectif précis, les différents personnages guidant le joueur se contentant de lui demander d’agir pour faire avancer la trame sans que l’on trouve une utilité à la tâche.

Le même constat est donné pour la menace présente dans le jeu. Nous sommes censés être sous la menace de la garde rapprochée de Sauron, guidant les chefs de guerre Uruk, mais leur présence, la Main Noire comprise, est quasi anecdotique, et la seule menace que l’on ressent vraiment est celle des camps Orcs qui se trouvent sur la carte et remplis de capitaines. Un point noir fort dommage pour un jeu qui se révèle être une bonne surprise et avec lequel je m’amuse rien qu’en allant tuer des chefs de guerre pour embêter le Seigneur des Ténèbres.

Shadow Of Mordor est vraiment une belle surprise. Derrière ces airs de mix entre Arkham et la série Assassin's Creed, le jeu arrive à avoir sa propre personnalité et qui pourra sans doute inspirer d'autres productions avec son système de Némésis, malgré une histoire qui n'est pas au niveau du fun procuré par ce titre que je conseille vivement.
7.6

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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