Lost River, Gosling Change de Boulot


Je vais écrire cet article pour célébrer avant tout un petit événement spécial, car c’est maintenant la première fois que je vois quelqu’un se lever et quitter une salle de cinéma en plein milieu du film, mais il est vrai que ça peut se comprendre en visionnant le premier film réalisé par Ryan Gosling, Lost River, qui après avoir collaboré avec Winding Refn, s’inspire du style de ce dernier ainsi que celui de pas mal d’autres cinéastes.

Il était une fois…

L’éclairage est un des atouts majeur de l’esthétique de Lost River

Bones est le fils aîné dans une famille comprenant sa mère et son jeune frère. Ils vivent dans une banlieue américaine frappée par une grande crise économique. Notre protagoniste essaie de subvenir aux besoins familiaux en volant du cuivre dans des maisons abandonnées, sur le territoire d’un jeune adulte violent qui se revendique maître des lieux. Pendant ce temps; la mère décide de se livrer à une forme particulière de spectacle macabre et de prostitution.

Le film n’a pas un synopsis très clair et je pense que vous ne vous en tirerez pas mieux en allant voir ça par vous-même, ce qui est étonnant étant donné le côté un peu surexploité de la famille qui lutte pour survivre. Mais ce qui est intéressant dans le traitement de Gosling, c’est qu’il utilise cette trame comme un prétexte pour proposer quelque chose de très sensoriel, la progression du personnage de la mère est assez classique, mais son environnement de travail est loin de l’être, ce qui justifie exactement ceux qui qualifiaient le film de train fantôme à l’image très variée et recherchée.

…Une ville en plein délire étrange

Même si Eva Mendes étais surprenante, Matt Smith reste la surprise du casting pour moi

Et de l’image recherchée et variée, il y en a effectivement dans ce film. Le réalisateur nous ressort tout ce qu’il a pu apprécier comme techniques de cadrage et de mise en scène, du plan fixe très détaillé aux cadrages en biais, avec un focus qui donne beaucoup d’effets de flou et toujours beaucoup de jeu sur les lumières naturelles et artificielles. Avec Lost River, Ryan Gosling nous inonde de ses références, quitte peut-être à manquer de se forger son propre style.

C’est d’ailleurs je pense le point qui va diviser les personnes. Entre cette trame principale, qui est certes classique mais mise en scène de façon volontairement décousue, et sa façon de filmer qui est très souvent contemplative et qui laisse la parole aux images plus qu’aux acteurs, on a l’impression de revoir du David Lynch ou la mise en scène d’un Valhalla Rising adaptée à ce scénario, avec le même niveau d’abstrait mais pas le même message au final, qui reste beaucoup plus terre à terre et nous donne un conte psychédélique, lequel malgré sa beauté semble un peu déjà-vu.

Je ne veux pas trop parler des éléments du film, car c’est quelque chose à vivre pleinement si l’on est un peu sensible à ce genre de cinéma. Et je pense que c’est un film qui vaut le coup d’œil et que j’ai apprécié pour son style même si rappelant trop d’autre réalisateurs par moments. Ce serait dommage de ne pas laisser une chance à l’œuvre qui reste selon moi une très bonne expérience, d’autant plus que le jeu d’acteur est plus que correct, et agrémenté d’une bande-son planante.

Lost River, premier essai de réalisation de Rying Gosling, nous entraîne dans un conte psychédélique et sensoriel aux inspirations multiples. Malgré son petit manque d'originalité et sa trame chaotique, le film se laisse regarder juste pour l'immense délire macabre dans lequel il nous plonge et vaut certainement le détour.
6.8

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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