Love, l’amour avec glaçage


Gaspar Noé est quand même un type étrange. Beaucoup connaissent avant tout sa réputation de cinéaste sulfureux et controversé, notamment avec le célèbre Irréversible qui en a mis mal à l’aise plus d’un, mais dont le but est plus d’être une expérience sensorielle qui peut initier une réflexion avec des émotions et des images fortes. De retour avec Love, un drame pornographique, Noé souhaite nous faire pleurer dans tous les sens du terme.

Love, l’amour au plus beau…

Love nous gratifie de moments romantiques

Murphy est un jeune père de famille qui vit de manière minable son rôle paternel, survenu suite à une grossesse non désirée d’une partenaire occasionnelle. Lors du jour de l’an, il reçoit un appel de la mère d’Electra, une ancienne conquête avec qui il a vécu une relation passionnelle et tumultueuse. La jeune fille est portée disparue et notre protagoniste va réfléchir à ce qu’il a pu lui arriver en se remémorant les hauts et les bas de cette histoire d’amour.

Si vous ne saviez pas ce que pouvait être un film porno d’auteur, Love en est l’exemple réussi. Le film est largement entrecoupé de scènes érotiques montrant des situations diverses et variées, illustrant l’amour passionnel des deux protagonistes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, le film ne tombe pas dans une vulgarité ou une gratuité bête et méchante. Il nous offre ici une vision sans concession, mais en même temps très esthétique et très portée sur les sentiments, contant simplement la vie d’un couple avec ses pulsions sexuelles et aussi les erreurs créées par ces pulsions.

…Comme au plus triste

Et également d’instants très déprimants

Autant qu’il souhaite nous exciter, Gaspar Noé veut également nous attrister avec Love, où l’on vit aussi les doutes et le déchirement d’une relation qui devient destructrice entre deux forts caractères avec des envies, des sentiments et une manière de penser différente. Ceux-ci s’affrontent continuellement dans une mise en scène chaotique, à l’image des souvenirs de Murphy, qui essaie tout au long de la journée de recoller les morceaux de sa mémoire de manière désorganisée, dont résulte un déroulement des événements de manière anachronique. Une suite de péripéties qui prend sens, petit à petit, à la fois pour savoir ce qui a pu arriver à Electra d’un point de vue scénaristique, mais également pour renforcer l’impact des émotions transmises aux spectateurs qui connaissent l’issue de certaines situations à l’avance, donnant une dimension fatale à cette histoire d’amour.

Finissons par un petit mot sur la 3D, technique que l’on n’attendait pas dans un film de ce genre, mais qui au final trouve bien sa place à certains moments, faisant jouer les perspectives pour donner quelques effets de style ou nous plonger au plus près d’une scène avec une fumée de cigarette planant devant l’écran par exemple, mais aussi parfois des projections moins propres à destination du spectateur. C’est d’un goût peut-être douteux, mais c’est aussi ça Gaspar Noé, ça manque peut-être de finesse de temps en temps, et Love n’y échappe pas, pour le meilleur comme pour le pire.

Love est ce qu'on peut appeler un film porno d'auteur, parfois très cru et glauque, il ne fait qu'ajouter la dimension sexuelle dans une relation tumultueuse pleine de hauts et de bas nourris par une passion parfois destructrice, formant une oeuvre sincèrement dramatique.
7.2

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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