Mad Max Fury Road, What a lovely movie


Après une absence d’une trentaine d’années, Mad Max subit le syndrome du reboot par son créateur George Miller. Exit Mel Gibson, qui laisse ici la place à Tom Hardy dans le rôle de Max Rockatansky pour une longue poursuite dans un désert aride. Ce qui constitue un pitch plutôt simpliste se révèle être la base d’un énorme blockbuster qui donne une bonne leçon à Hollywood.

Mad Max, et ça repart

Préparez vous à prendre du sable, de l’essence et des flammes dans la tronche

Mad Max est un ex-flic qui erre aujourd’hui dans une étendue désertique, hanté par le souvenir de sa fille morte sans qu’il ait pu la sauver. Il fuit depuis un moment une troupe de War Boys qui finissent par le capturer. Les War Boys sont des guerriers, jeunes, avides de vitesse, et sont dirigés par Immortan Joe, un tyran ayant le contrôle de l’eau qui est devenue une denrée rare et qui envoie son bras droit, l’Imperator Furiosa, faire le ravitaillement d’essence et de munitions pour son convoi de véhicules de guerre. Mais Furiosa a trahi son leader pour faire échapper les femmes de ce dernier, de sublimes femmes exploitées pour la reproduction.

Le film dispose d’un scénario vraiment simple et pourrait se résumer vulgairement à une grande course poursuite entre le camion de Furiosa et les convois de guerre d’Immortan Joe et ses alliés. Il semblerait ridicule pour la plupart des blockbusters d’aujourd’hui de se contenter d’une trame aussi mince, et pourtant l’œuvre est saisissante, elle nous emprisonne dans son ambiance et son action sans jamais nous ennuyer et sans nous tromper sur ses intentions.

Il est d’abord important de noter qu’il est très compliqué de s’ennuyer devant un film pareil, disposant d’une grande richesse de détails sur quasiment tous ses plans. Chaque moment du film peut être mis sur pause et obtenir une image sublime qu’on ne souhaite qu’imprimer pour en faire un poster géant. Le désert de Namibie est magnifique et les cadrages font toujours ressortir tous les éléments pour donner un côté très ordonné au chaos présent à l’écran, expliqué en partie par le principe de montage “center-framed“, où le plan suivant montre toujours en son centre l’essentiel de l’action pour garder une clarté dans la narration malgré un grand nombre de cuts.

Soyez Témoins

Furiosa, l’autre Mad Max

Et du chaos dans ce Mad Max, il y en a. C’est d’ailleurs un des autres points majeurs de Fury Road, il persiste dans chaque péripétie un savant dosage de sérieux et de barré qui va toujours surprendre le spectateur. Toute la richesse dans l’image qui défile sous nos yeux permet de donner un aspect grandiose aux scènes d’action, à la limite parfois du ridicule, nous laissant un petit sourire sur les lèvres, mais qui parvient à ne pas tomber dans la caricature, avec la conviction des personnages principaux et secondaires qui ne nous font jamais sortir de l’esprit du film.

Les effets visuels quant à eux sont à couper le souffle évidemment, la production ayant bien fait sa com’ autour du côté très old school des FX, avec des explosions faites maison et de vraies poursuites de voitures dans le désert et où les CGI sont mises de côtés et réservées uniquement pour les plans nécessitant d’améliorer un arrière plan ou l’esthétique d’une scène de manière globale. Il est même choquant de voir un film en 2015 utiliser le bon vieux truc de l’accéléré pour ajouter du dynamisme à une scène, et ce n’est pas désagréable pour autant.

Comment achever un vrai chef-d’œuvre sans personnages intéressants. Encore ici, Mad Max Fury road remplit son contrat avec en plus un constat plutôt original, Max qui a pourtant son nom dans le titre du film pourrait presque être relégué comme un personnage secondaire, le film se concentrant presque plus sur les personnages féminins, qui ont chacun leur moment à eux et disposent de suffisamment de background pour être intéressants à suivre, Furiosa en tête, interprétée par Charlize Theron qui est virtuellement le personnage principal du film.

Peut-être un moyen de retirer un peu ce statut d’icône à Max et montrer qu’il n’est qu’un personnage comme les autres, qui est une piste intéressante quand on voit son traitement dans le film. On aime ou on aime pas, c’est un choix artistique qui divise mais qui se vaut selon moi. Les méchants ne sont pas en reste, où les personnages mêmes les plus anecdotiques ont une visibilité suffisante pour couvrir l’essentiel de leur caractère et de leur place dans l’histoire, ce qui est plutôt sympa, loin de la manie des blockbusters à rajouter des personnages inutiles en tant que comic relief ou pire… personnage amoureux d’un des protagonistes.

Mad Max Fury Road a tout compris, et il l'impose avec force. Dans cette poursuite infernale de deux heures qui semble être des plus chaotiques, tout est calculé, des effets visuels à la narration en passant par l'esthétique générale et le développement des personnages, on n'est pas loin de la perfection. En attendant, Hollywood vient de trouver son maître dans l'art du blockbuster efficace, son nom est George Miller.
9

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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