Mountain, trop prétentieux pour être agréable


Dans le monde des jeux indépendants, on trouve parfois des grosses perles de prétention et qui au final ne donnent rien de bon. Mountain, un jeu que j’ai testé récemment, n’est qu’un exemple parmi toutes ces productions peu connues qui utilisent une idée peu, voire pas du tout exploitée dans les jeux vidéo pour s’improviser génie du game-design.

La montagne fait partie d’un univers, qui sert surtout à décorer.

Regardez-moiiiii

Donc parlons de Mountain, un jeu présenté par son auteur comme un simulateur de montagne, pas de contrôles, sauvegarder automatique, 50h de gameplay, arguments assez étranges mais qui m’ont pourtant intrigué. Le créateur de ce jeu est le même qui a créé et animé le concept de jeu ayant servi dans le film “Her”. Cette référence ayant titillé ma curiosité je voulais savoir quel serait son idée sur un vrai jeu, et de plus le prix très bas de $1 n’a rien fait pour m’empêcher d’acquérir cette œuvre vidéoludique.

On déchante bien vite une fois les 181Mo de jeu sur notre disque et qu’on se rend compte après avoir tracé trois traits à la demande du jeu, tout ce qui nous attend est une montagne générée aléatoirement et qui ne sert à rien d’autre qu’à être contemplée pendant qu’elle évolue aussi vite que l’érosion d’une crevasse pendant la sécheresse. On peut accélérer légèrement l’évolution en tapant sur le clavier, ce qui émet du son, mais on ne constate jamais de réaction directe à nos touches. Est-ce que le créateur espère vraiment que l’on va rester 50h à attendre que notre montagne s’écroule sur elle-même?

Voici ma montagne de profil, avec des champignons… Superbes photos de vacances

C’est beau, mais c’est inutile

Les arguments ont beau essayer de vendre l’expérience, on est à la limite du non-jeu avec ce manque d’interaction. Même si l’intention du créateur depuis le début était de faire un simulateur d’observation de montagne, je trouve ça toujours ridicule d’indiquer qu’il fait partie du genre Art Horror et que c’est un monde évolutif, même si ce dernier point est vrai car oui, c’est un fond d’écran dynamique pour moi.

Malgré la constatation de pas mal d’éléments artistiques qui essaient de donner de l’importance à l’expérience, comme l’apparition de différents objets avec une certaine symbolique et des petites phrases philosophiques qui viennent ponctuer “l’aventure”, le principal problème de Moutain est, je pense, qu’il soit tout simplement qualifié de jeu. Il existe évidemment des genres de jeux où l’interaction est plus ou moins limitée, mais ce sont des jeux qui essaient d’apporter de l’intérêt  en proposant d’incarner quelque chose, tandis que Mountain s’enferme avant tout dans sa vision artistique, où le jeu vidéo ne sert à rien d’autre qu’afficher une photo plutôt que nous permettre d’interagir avec elle.

Mountain fait malheureusement partie des jeux qui sont orgueilleux comme des crapauds et qui refuseront d'éclater à cause d'une popularité attribuée souvent à tort, sacrifiant l'essentiel de ce qui fait un jeu vidéo sur l'autel de la vision artistique, à mon plus grand regret. Cette oeuvre ne mérite pas vraiment de note en tant que jeu, car elle est totalement hors sujet selon moi.
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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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