Night Call, le chasseur d’images glacial


Il avait un air de petit film sans prétention, ce Night Call. Une histoire de chasseur d’images dans la vie nocturne de Los Angeles, avec un style qui rappelle évidement Drive dans un côté un peu vieille école, par rapport à l’importance donnée à la vitesse et aux personnages atypiques. C’est un petit peu de ça mais surtout beaucoup d’autres choses : critique des médias et de la manipulation de l’image, psychologie et éléments de policier font un mélange pour le moins surprenant mais qui tient plutôt bien la route.

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Lou Bloom est un chômeur de LA qui passe son temps à récolter des métaux volés pour les revendre? et tente de trouver du travail où il peut avec une certaine philosophie. En apercevant des caméramen qui filment un accident arrivé il y a peu, ces derniers se réjouissant d’être les premiers à capturer cet instant, il décide de monter sa propre affaire de chasseur d’images à l’aide d’un autre sans emploi. Découvrant les conditions de travail de cette profession, notre héros va montrer un talent plutôt dérangeant pour être le meilleur dans le domaine.

L’aspect le plus remarquable du film, c’est la performance de Jake Gyllenhaal, qui campe un chômeur motivé et qui se révèle être un sociopathe motivé par l’idée unique de réussir sa vie et d’obtenir ce qu’il souhaite, avec un sens de la négociation très calculateur. Il faut d’ailleurs ajouter à cela un tempérament général assez silencieux qui met même souvent mal à l’aise, et surtout dénué de toute émotion en ce qui concerne les situations qu’il filme. Toujours très calme et inébranlable, même face à un cadavre plutôt amoché.

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Le film ne repose heureusement pas que sur ce seul atout et dispose d’autres bons éléments au casting comme, Rene Russo en directrice de l’info assoiffée d’images choc, et Riz Ahmed en assistant naïf et innocent qui est à l’opposée de Lou. L’œuvre impose surtout son ton avec une bande-son ambiante qui prend aux tripes, au même titre que des moments de tension instaurés par le comportement de notre “héros” qui pousse toujours le voyeurisme plus loin. J’ai quand même trouvé que quelques éléments de la soundtrack sonnaient un peu trop positifs lors de moments qui auraient mérités des sonorités plus calmes et graves.

Mais ce qui m’a le plus dérangé durant le visionnage, c’est de constater que le rythme général n’était pas très harmonieux et manquait de climax, la tension retombe au moment où l’on attend un point final pour nous achever et on retrouve quelques longueurs également. Ces dernières sont dues à l’envie du film de critiquer le système des médias qui se nourrissent des sujets les plus violents, mais dont la plupart des tentatives d’en traiter sont anecdotiques et partent aussi vite qu’elles sont venues. Ne laissant que pour véritable sujet son protagoniste principal et ses traits de caractère.

Night Call est un film plus que correct, surtout pour une première réalisation de Dan Gilroy et avec beaucoup d'inspirations. Un personnage principal passionnant à voir évoluer autour de seconds rôles variés, dans une ambiance qui flirte entre le sombre et le macabre mais qui souffre d'un rythme mal géré et de thèmes sous-exploités. Ce qui ne l'empêche pas pour autant d'avoir une très bonne ligne directrice qui nous garde les yeux ouverts pendant 2h sans problème.
7.1

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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