[Retour sur] Pusher


À une époque où je me contentais de rester dans ma chambre pour jouer aux jeux vidéo, le film Drive de Nicolas Winding Refn a été une sorte de révélation pour moi et fait partie de ces films qui m’ont poussé à consommer du film avec plus de passion. Après avoir également visualisé Only God Forgives, laissant encore mieux transparaître l’esthétisme qu’entretient Refn dans ses films, il était temps pour moi de plonger dans les origines de ce cinéaste avec Pusher, premier opus de la trilogie du même nom (et pas le remake anglais de 2012).

Bienvenue au Danemark

Ce film signe le début de Mads Mikkelsen au cinéma

Le film est centré sur Franck (Kim Bodnia), un dealer de drogue qui opère la plupart du temps avec Tonny (Mads Mikkelsen) son acolyte et ami mal élevé et insouciant. Il entretient une relation ambiguë, partagée entre amour et travail, avec Vic, une prostituée chez qui il cache sa drogue. Franck demande un jour de l’aide à Milo, grand fournisseur et seigneur de la drogue dans la région, pour lui fournir de quoi accomplir une grosse transaction. Cette dernière échoue à cause de la police et le dealer se retrouve avec une dette conséquente à rembourser au plus vite auprès de son fournisseur, qu’il va devoir rembourser à tout prix, quitte à utiliser la violence.

Cette œuvre offre une vision très viscérale de la situation, le film prend souvent un style caméra à l’épaule (sans pour autant jouer la carte de found-footage) pour nous rapprocher du protagoniste de l’histoire et nous faire vivre une descente aux enfers où il va finir par utiliser les pires procédés pour tenter de retrouver de quoi payer. Les différentes scènes nous plongent toujours dans une tension partagée par les personnages, l’inquiétude de ne pas pouvoir contrôler un certain problème, et ça crée automatiquement de l’empathie pour le personnage.

Les intérieurs sont souvent chaotiques et sales, représentatifs du ton du film

Finir au fond du trou

Et cette empathie va finir par s’inverser, mais aussi par nous faire un peu déprimer. Le film fait preuve d’un énorme pessimisme, aucun des personnages n’a de vie stable, certains comme Vic ou le garde du corps de Milo font pitié, rêvant d’une vie meilleure mais bloqués dans leur situation, et l’histoire économise les moments positifs pour les égrainer petit à petit devant nos yeux, pour que l’on trouve un peu d’espoir pour ces gens avant qu’ils soient écrasés par les problèmes. Franck devient au fur et à mesure du film un personnage plus énervé, tabassant Tonny l’ayant balancé aux flics pour sauver sa peau, menaçant ses amis d’une arme pour obtenir l’argent, il devient malgré lui un bad guy.

Et la conclusion est bien là pour nous rappeler que rien ne paye de cette façon, surtout dans ce monde de commerce illégal et de dépendance, mais je vous laisse découvrir cette fin par vous-même. Je finirais juste en vous conseillant grandement ce film, c’est une œuvre sombre et pessimiste sur la vie d’un homme au boulot malhonnête qui tourne à la violence salvatrice mais qui est réalisé d’une très belle façon, avec un rythme lent qui construit une aventure aux significations fortes mais sans jamais être moralisateur.

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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