Sin City 2, un retour au polar façon Rodriguez


Sin City est univers que je trouve génial. La première adaptation des romans graphiques de Franck Miller m’a introduit à ce monde en noir et blanc peuplé de personnages atypiques, de la brute épaisse au flic solitaire, errant tous avec leur propre philosophie et avec la corruption à chaque coin de rue. Après avoir eu l’occasion de lire quelques unes des histoires absentes du premier long métrage, j’attendais avec impatience cette suite, intitulée Sin City 2 : J’ai tué pour elle, du tome du même nom, annoncée en 2006 et qui arrive enfin sur nos écrans.

Josh Brolin, un très bon remplaçant pour Dwight

Une soirée comme les autres à Sin City

Le rythme de film est identique à son prédécesseur. On suit plusieurs aventures, deux venant de livres de la série et deux autres écrites par Frank Miller spécialement pour le film, découpées de façon à alterner entre les différentes péripéties. On retrouvera Marv, ne se souvenant pas de ce qu’il a fait quelques instants plus tôt, Johnny, un jeune effronté doué au jeu qui va défier le sénateur Roarke au poker, Nancy Callahan qui veut venger la mort de Hartigan tué par ce même sénateur, et un Dwight McCarthy plus jeune, cherchant à maintenir ses anciens démons loin de lui.

L’univers a toujours autant de la gueule, les acteurs sont bons, on retrouve tout le style de Miller et Rodriguez dans la réalisation de cette suite qui exploite toujours l’univers pour nous faire redécouvrir de nouveaux horizons noirs. La trame principal du film, basée sur le livre “J’ai tué pour elle” est très bien réalisée en retraçant bien la transformation de Dwight, manipulé par une Eva Green froide et pourtant séduisante. Tout ce récit servi par une mise en scène outrancière, utilisant les codes de la BD pour faire dans l’exagération avec beaucoup de style.

Johnny, à peine vu, déjà reparti

Sin City fatigué?

Je tiens à dire que j’ai personnellement beaucoup aimé le film, et que je le conseille, mais il existe quand même quelques défauts remarquables et qui font de cette suite un épisode moins efficace que le premier opus.

Le premier problème est la place donnée aux histoires secondaires, qui ont beaucoup de potentiel mais sont souvent expédiées trop vite. Joseph Gordon Levitt est un adorable prétentieux qui a de la classe, mais on n’a pas le temps de s’intéresser à lui, le déroulement de son histoire passe trop vite et on arrive à la conclusion subitement après avoir eu une longue pause où l’action s’est concentrée sur Dwight et Ava. Même constat pour Nancy qui, malgré un développement plutôt intéressant sur sa descente aux enfers, finit sur une scène d’action trop vite expédiée.

Les effets de style sont aussi à reprocher, même si beaucoup restent efficaces, la plupart ne sont que des effets déjà vus dans le premier Sin City, un manque d’originalité qui se sent parfois. On mentionnera aussi l’utilisation de la couleur plus fréquente et qui peut être non appréciée dans une certaine mesure, étant donné que l’utilisation d’une couleur était avant tout symbolique, alors qu’elle est ici utilisée pour styliser et esthétiser l’ensemble. Moins de symbolique, pour une action plus jolie et parfois plus lisible, c’est un point discutable par chacun.

Sin City est incontestablement une suite moins ambitieuse que son aîné. Avec une réalisation un peu moins inspirée, des personnages intéressants mais à l'histoire courte et un style graphique qui se veut un peu moins strict dans sa signification, le film est tout de même un bon divertissement dans le style Rodriguez/Miller, malgré la petite déception qu'il laisse en comparaison avec le premier film.
6.9

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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