The Neon Demon (2016)


Depuis Drive, qui était son film le moins marqué visuellement, le grand public attendait le nouveau coup de poing de Nicolas Winding Refn. Avec Only God Forgives et maintenant The Neon Demon, NWR confirme qu’il est loin d’être conventionnel, pour le meilleur et pour le pire. L’esthète danois se lance cette fois dans un voyage psychédélique et violent dans le monde de la mode.

Beauty isn’t everything.

Jesse est une jeune fille pleine d’ambition qui souhaite se faire recruter dans une agence de mannequinat. Sa candidature est immédiatement retenue, et beaucoup d’admiration va se manifester autour d’elle de la part des photographes, créateurs et autres modèles, mais aussi énormément de jalousie venant de ces dernières qui, plus âgées qu’elle, se voient déjà comme défraichies, bonnes pour pointer au chômage, et certaines sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté naturelle.

Neon Demon, à l’image des précédentes productions récentes de Refn, est avant tout un film esthétique. L’économie de mots est importante et comme on sait que le cinéma est un art avant tout visuel, NWR fait bien son boulot de ce côté-ci avec énormément de jeux sur les lumières, des symboles très marqués qui ressortent du reste de l’image, des plans souvent fixes mais qui constituent tous une toile qui ponctue le film, parfois jusqu’à nous étourdir, à l’image du shoot photo où l’on se retrouve sur un fond totalement blanc, nous faisant perdre nos repères avec le réel.

It’s the only thing.

En parlant de symbole, le réalisateur n’en manque pas. Toujours dans l’optique de livrer une œuvre aux interprétations variées pour qui la regarde. C’est dans ces moments que son visuel prend tout son sens pour mettre en scène une émotion, un changement de personnalité, ici celui de Jesse qui évolue au fur et à mesure du film. Il fait aussi considérer les personnages du film non pas comme des personnages avec une histoire et un ressenti, mais comme un archétype, représentant un sentiment ressenti dans le monde de la mode, la jalousie, le désir de perfection, l’admiration et encore d’autres car c’est avant tout une question de point de vue.

Tout ceci est desservi par un casting au top, même si on peut questionner le choix de certains acteurs (Keanu Reeves qui joue 3 scènes mineures par exemple), mais Elle Fanning est vraiment resplendissante au milieu de tout ce beau monde, incarnant la beauté naturelle encensée par ce milieu du mannequinat si perfectionniste. À l’image également de la bande son de Cliff Martinez, qui fait résonner les synthés qui prennent aux tripes pour jouer sur nos sentiments, instaurer une ambiance qui semble joyeuse jusqu’à en devenir inquiétante, un mélange parfait entre le son et l’image.

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The Neon Demon est un accomplissement assez impressionnant en reprenant la formule contemplative de Only God Forgives, mais en la recentrant sur son sujet pour en faire un film qui parait tout aussi abstrait mais qui au final s’interprète de multiples façons. Joué par un casting au top, avec des personnages glaçants dans leur représentation des émotions et une réalisation et une bande-son magnifiques, Neon Demon est un petit bijou de 2016 que je vous recommande chaudement.
9

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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