The Voices, psychologie et sadisme du chat


C’est un fait scientifiquement prouvé*, les chats ne sont sur terre que pour nous contrôler et à terme, nous dominer. Si The Voices n’était pas un film sur la psychologie, avec l’histoire d’un Ryan Reynolds qui pense que son chat et son chien discutent avec lui, ça aurait pu complètement coller. À défaut, on se contentera de cette comédie d’horreur qui possède ses imperfections mais aussi ses qualités.
*À vérifier

Chat a dit “Tue-la”

Discuter tous les soir avec son chien et son chat, une activité des plus saines

Jerry est un habitant spécial de la ville de Milton. Il est mentalement instable, suivi par une psychologue et est censé prendre un traitement qu’il ne prend pas régulièrement comme il le devrait. Travaillant dans une fabrique de baignoires, ses journées se résument à son boulot et ses interactions parfois maladroites avec ses collègues, puis il rentre chez lui rejoindre son chien et son chat qui ne cessent de jouer un rôle d’ange et de démon d’épaule en discutant avec lui de ce qu’il devrait faire, être une bonne personne ou tuer pour se sentir vivant.

Sous ces airs de Thriller un peu tordu, le film se veut surtout comme une comédie noire qui se prend au sérieux sans l’être. L’ambiance est toujours très sombre et même l’humour est provoqué par un retournement de quelques règles de l’horreur en essayant de paraître comme un vrai film de tueur, avec des meurtres qui arrivent par accident, un tueur candide ou l’aspect oppressant d’un chat qui fait office de mauvaise conscience, au point de créer des moments dramatiques avec des gros plans de l’animal sur une musique angoissante qui tourne facilement au ridicule. Mais il y a aussi quelques idées de mise en scène assez intéressantes pour alterner entre la comédie et l’horreur pure. On se rend vite compte que le protagoniste a une vision très propre et édulcorée de ce qui l’entoure, et cette vision est brisée la première fois lors de la consommation de médicaments qui le fait revenir à la réalité, et le met face à ses actes qu’il préfère fuir en se débarrassant des pilules. Et ce contraste disparaît à nouveau lorsqu’une autre personne est en sa compagnie. C’est une idée plutôt sympathique et originale dans la façon d’amener cette mise en scène, même si elle est malheureusement sous exploitée.

Reynolds plus sincère, scénario en berne

Et la journée démarrait pourtant si bien

La performance de Ryan Reynolds est bien sur l’atout majeur du film. Son personnage d’autiste social, sympathique mais maladroit et qui obéit presque malgré lui aux voix qu’il entend, tout en niant l’évidence avec une douceur qui est parfois touchante. Pour un acteur qui n’a pas une filmographie des plus prestigieuse, ça fait plaisir de voir qu’il peut se débrouiller dans un film à moyen budget, surtout que c’est lui double tous les animaux parlants du film. Peut-être que son véritable avenir c’est ça, doublage d’animaux dans des films de genre. N’oublions pas tout de même les rôles secondaires, surtout les victimes de Jerry qui sont plutôt convaincantes, encore plus une fois passées dans l’autre monde.

Bref de bonnes idées, de bons acteurs, un brin d’humour, mais il manque tout de même quelque chose au film, et c’est quelque chose qui m’a empêché d’être réellement pris dans ce délire. L’écriture et la réalisation voulaient mélanger totalement les genres humoristique et horrifique, sauf que dans la pratique, il se crée une trop grande rupture entre les moments horrifiques et l’humour noir qui parfois brise l’intensité du moment. Le potentiel est là, mais il aurait mieux fonctionné avec plus de nuances dans ses transitions et dans l’alternance des ambiances, et la séquence qui fait office de générique en est l’exemple parfait, qui se met en total décalage avec le reste du film et qui va trop loin dans le gag qui sort de nulle part pour fonctionner. C’est de l’aléatoire total, pour faire de l’aléatoire.

The Voices a du mal à diriger ses bonnes idées, en essayant de fusionner un film de serial killer avec une comédie absurde, l’œuvre s'emmêle dans ces deux ambiances et trébuche parfois, ce qui casse le rythme et offre parfois un peu trop de d'aléatoire. Mais l'humour noir fait quand même mouche et Reynolds nous offre une performance de tueur naïf qui est très sympathique.
6.5

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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