Zero Theorem de Terry Gilliam


Je n’ai pas vu Brazil, dommage pour moi car avant d’aller voir Zero Theorem, la question récurrente qu’on m’a posée était pour savoir si j’avais vu cet ancien film de Gilliam, Zero Theorem étant une sorte de copie plus récente. C’est dommage dans un sens, car je prive cette critique de la comparaison avec une œuvre antérieure du réalisateur, mais l’absence de nostalgie me permettra peut-être un jugement plus objectif du film en lui-même.

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grosses fêtes dans le futur, avec Ipad inclus!

Nous sommes mourants

Le film nous place aux côtés de Qohen, une espèce d’autiste surdoué, qui parle toujours de lui à la première personne du pluriel, qui a un fort besoin de solitude et qui déteste tout contact avec la plupart des choses de ce monde, surtout les gens. Tout ceci dans un futur incertain où le contrôle des personnes, la surveillance totale et la lobotomie par utilisation abusive des technologies modernes sont monnaie courante.

La réalisation du film en elle même est assez efficace et correspond assez aux souvenirs que j’ai des rares films de Gilliam que j’ai pu voir, notamment Las Vegas Parano et L’imaginarium du Dr Parnassus. On est dans un style très exagéré avec des couleurs toujours très vives, des plans de caméras souvent penchés, plein de petit éléments qui soulignent avec brio la folie de cet univers perverti par Internet, les ordinateurs, l’argent et les grosses corporations.

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un monde dégradé aux couleurs vives, du pur délire de SF

J’ai la tête qui tourne

Et le paragraphe précédent illustre aussi le principal défaut du film. On est plongé dans plusieurs situations qui se croisent sans cesse, Qohen qui est en plein dans ses recherches pour la société qui l’emploie, sa rencontre avec une jeune femme séduisante, ses discussions avec un ado sur le sens du monde et le pouvoir de cette grosse corporation qui dirige le monde d’aujourd’hui.

On a droit à beaucoup de choses qui servent à maintenir un certain rythme, c’est tout à fait honorable, mais c’est dommage que ces situations ne créent pas toutes le même intérêt, certains passages sont un peu lents et soporifiques, mais c’est surtout leur entrecroisement permanent qui fait que l’on s’y perd un peu et qu’on se demande si c’est vraiment important dans le récit. Cela se ressent encore plus arrivé à la conclusion du film, qui balaye pas mal d’éléments apportés dans le récit pour imposer un final simpliste.

Que cela ne vous rebute pas pour autant, il manque peut-être une ligne conductrice solide au récit, mais on est quand même charmé par ce qu’apporte le film au final, de la SF dystopique comme en 80, des acteurs performants et assez barrés plus une ambiance et une esthétique qui font toujours rêver.

Film7
Zero Theorem n'apporte pas grand chose, même sans avoir vu Brazil, dont il est le jumeau en moins bien d'après les fans, on reste dans quelque chose de déjà vu, un discours à l'encontre des machines et des grosses sociétés comme on en a vu plein, dans un futur déprimant et sans personnalité. Il bénéficie quand même d'un style efficace et d'acteurs convaincants, toujours sympathique à voir.
7

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Kuro

Jeune geek qui développe de temps en temps, et qui passe ses moments de liberté dans les salles de ciné et sur son compte Steam.

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